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D'où est venue l'idée de la démarche BDA ?

Le développement de l'habitat et du bâti durables sur nos territoires se heurte à des obstacles dont la levée implique une évolution des réglementations, une meilleure connaissance des solutions techniques mais aussi des méthodologies d'évaluation multicritères de la pertinence des choix permettant la concertation entre les politiques, les habitants et les professionnels.

La concertation demande un langage commun, accessible à tous et non réservé  aux seuls initiés. Elle doit permettre un dialogue entre les différents acteurs (les citoyens usagers, les élus et les professionnels intervenant sur les aspects techniques et réglementaires). Partager une définition commune du concept de « durabilité » ou « soutenabilité »  permettra une lisibilité des programmes ou projets en cours dépassant les représentations de chacun des groupes et les intérêts particuliers, en associant légalité, légitimité, faisabilité et « désirabilité ».

 

N'y a-t-il pas déjà d'autres démarches similaires en France ?

Il existe effectivement d'autres démarches d'évaluation mais celle-ci sont avant tout orientées « énergétiques » ou « habitat sain », ce qui est bien déjà, mais insuffisant en soi. La profusion de référentiels ayant comme finalité principale l'attribution d'un label - et donc d'avantages concurrentiels - ne favorise pas la lisibilité nécessaire à l'appropriation citoyenne et aux démarches collectives. Ex : les labels officiels comme le BBC défini par arrêté ministériel, ou associatifs comme Effinergie, Minergie Prioriterre, PassivHaus...

Dans tous ces cas, ils sont trop exclusivement centrés sur les seules performances thermiques, et ne peuvent donc être considérés au mieux que comme "niveau de performance énergétique à atteindre", un critère figurant parmi d'autres à retenir dans une démarche plus globale "bâtiment durable".

Parmi les autres démarches franco-françaises se revendiquant du développement durable, il n'existe encore aucune autre démarche similaire à BDA, puisque les autres se basent sur des obligations de moyens et non pas des obligations de résultat, qu'elles sont évaluées par des comités strictement composés d'experts, sans le regard croisé des citoyens et des élus, et qu'elles revendiquent un impact plus économique que politique ou pédagogique.

 

S'inspirer de ce qui se fait ailleurs ? Oui. Copier ? Non !

Trop souvent, une approche d'évaluation réduite aux aspects énergétiques du bâti, voire exclusivement thermique, construite sur une modélisation virtuelle tend à occulter tous les autres indicateurs fondamentaux. Les aspects  environnementaux, sociaux, économiques, sanitaires, l'intérêt public et le  "vivre ensemble " sont également notoirement absents  de la plupart des démarches existantes.

BDA s'inspire surtout de la démarche « Villes en transition », mais aussi des réflexions  des ateliers du Réseau Écobâtir,  et d'une étude poussée des différents systèmes d'analyse  pionniers. Les initiateurs de BDA le revendiquent  et l'assument.
Et à ce titre, c'est la démarche japonaise CASBEE qui nous a le plus séduits pour sa philosophie, ainsi que la démarche britannique BREEAM pour sa méthodologie, ses indicateurs clairement définis, son mode opérationnel transparent et son pragmatisme.

Mais il n'est nullement question de copier quoique ce soit : les paradigmes sont différents !


La démarche BDA se positionne délibérément dans le cadre de l'ESS – Economie Sociale et Solidaire – et dans une optique de Transition Énergétique où les mécanismes lobbyistes habituels (par lesquels les acteurs économiques classiques dictent les politiques et contrôlent les flux financiers) n'ont pas lieu d'être, la parole doit être partagée entre tous les acteurs, raison pour laquelle BDA fait la part belle à l'expertise citoyenne des usagers. La recherche de consensus est donc systématiquement favorisée, en priorisant les valeurs portées par les acteurs de l'ESS, où les notions d'intérêt commun, d'économie au service de l'humain s'opposent au moteur de l'économie classique qui, hélas, reste la recherche de profit.

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