• Le Radon : est-ce un problème ?

Beaucoup de monde commence à savoir que le radon est présent dans les bâtiments. Nos anciens disaient qu’il y en a toujours eu. Donc, ce n’est pas utile de s’inquiéter !

L’inquiétude, s’il y a inquiétude, ne doit pas venir que du seul radon. En effet, le temps passé moyen par Français dans un espace clos est en moyenne de 80 % de son propre temps. Ce qui n’était pas le cas auparavant avec une vie extérieure plus importante. Ensuite, les bâtiments d’habitation ont changé. Rappelons-nous des portes et fenêtres à « vents coulis ». Et quand la cheminée fonctionnait, il n’était pas rare de devoir ouvrir une porte. Donc, notre mode de vie a drôlement changé en 50 ans. Comme si cela ne suffisait pas, nous avons allègrement utilisé des produits manufacturés pour agrémenter nos intérieurs. Ainsi, planchers à clips, peintures à COV, meubles (je ne me souviens plus du nom), etc. En fait, notre intérieur a l’avantage de cumuler la pollution extérieure (plus ou moins importante suivant les lieux), augmentée de celle liée à l’usage intérieur et à son équipement.

Tout cela aujourd’hui est en train d’évoluer, bien sûr, et pour aller dans le bon sens.
Pour autant, il y a de nombreux réfractaires à la VMC, celle-ci étant aux yeux de beaucoup source de perte de chaleur, de courants d’air, de risque d’incendie et j’en passe. C’est évident, nous sommes devenus plus sensibles. 
En fait, les différentes mesures prises pour réduire les consommations d’énergie conduisent à fermer le plus possible de robinets de déperdition. Et la ventilation en est un. Lorsque des habitants réalisent des travaux dans leur logement, il y a souvent un thème qui passe à la trappe : le renouvellement de l’air. Pourquoi ? Pourquoi ne vouloir respirer que de l’air confiné, rempli d’humidité, de moisissures, de COV, de parfums industriels, etc. ? Pourquoi ?

Un jour peut-être trouverons-nous le mot clé qui débloque la situation ? Ce qui est sûr c’est que nos anciens vivaient davantage dans un air renouvelé que nous !
Nous ne sommes pas obligés de demeurer dans les miasmes du confinement intérieur. Certains confondent isolation et étanchéité. Ce n’est pas parce que l’on isole que cela devient étanche et réciproquement. Améliorer l’étanchéité de son logement a du sens pour réduire les fortes (très fortes) déperditions lorsque les conditions climatiques se dégradent. Conserver un renouvellement de son air hygiénique en a un aussi. Non seulement il va permettre d’évacuer la plus grande partie de la vapeur d’eau produite dans le logement (respiration, cuisine, douche,..) mais aussi entrainer vers l’extérieur les émissions type COV de notre mobilier, mais aussi éviter les condensations intérieures qui aident certaines moisissures à se développer (bonjour l’asthme et consorts), mais aussi et enfin à conserver au mieux le bâti qui nous abrite. Ce n’est pas important ça ?

Alors, le radon là-dedans ? Il fait partie des polluants de l’habitat et possède un risque de cancer du poumon (moins fort que celui du tabac, mais bon).
D’abord, il n’y en a pas partout. Ah bon ? Et non ! Et comment fait-on pour le savoir ? Un petit dosimètre pendant 2 mois en période de chauffe et on le sait ! C’est aussi simple que cela ? Ben oui !
Et quel rapport avec l’étanchéité et la ventilation ? D’abord, quand on fait de l’étanchéité, on pense surtout aux murs, portes et toiture, rarement au sol. Pourtant c’est par là que passe le radon. Ensuite, le renouvellement de l’air hygiénique permet aussi d’évacuer le radon (ou au moins une partie).
En conclusion : traiter le radon, c’est aussi améliorer l’atmosphère que nous respirons. Et s’il n’y a pas de radon, pensez à respirer un air le plus sain possible quand même.

 

Patrick Debaize
APPROCHE-Ecohabitat – Groupe radon