• Expérience d’un consommateur perplexe vis-à-vis des professionnels de l’habitat écologique et de l’énergie alternative : lesquels choisir ?

Il faut vous avouer que je ne suis qu’un bricoleur même pas du dimanche. Aussitôt qu’un artisan me parle en termes techniques, j’écoute mais n’y comprend pas grand-chose d’où mon grand handicap dans ce domaine.

Un artisan travaille avec ses mains et son cerveau. A titre personnel, je suis incomplet car je n’ai que mon cerveau. D’où mon angoisse lorsque je reçois des devis techniques indéchiffrables de mon point de vue.

En faisant des recherches pour mon installation photovoltaïque en 2009, je me suis aperçu qu’il y avait beaucoup de malfaçons relatées dans la presse. Une étude faisait apparaître que sur 1241 installations solaires contrôlées dans l’hexagone, 51% étaient non conformes : 72% de ces installations présentaient un risque d’électrocution et 28% un risque électrique.

La méditerranée était la première région concernée mais pas la seule. L’ouest arrivait en seconde position ; par exemple : puissance insuffisante, raccordement mal ou pas effectué, défaut d’étanchéité au niveau de la toiture sans parler d’installations solaires qui ne fonctionnaient pas surtout dans les régions du Morbihan et des Côtes d’Armor.

Pourquoi tout cela ? L’origine de ces nuisances émanait d’entreprises n’ayant pas la formation requise et des structures commerciales qui démarchaient à tout va à domicile ou dans des salons professionnels, qui faisaient signer des dossiers de crédit sur place, sans délai. Puis elles confiaient l’installation à des sous-traitants.

Récemment, j’ai eu l’occasion d’avoir des confidences de ma famille résidant à Mayenne au sujet d’un équipement solaire. Les panneaux photovoltaïques étaient mal orientés, facturés d’un prix anormalement élevé et le vendeur leur avait fait signer un prix très intéressant… pour la banque. Résultat : 400€ de gains par an de production solaire alors qu’à l’époque 20m² de panneaux produisaient 2,500 kWh par an pour un revenu de 1 450€.

Avant de nous lancer dans l’énergie solaire, nous avons consulté Ener’gence, l’agence de la maîtrise de l’énergie de Brest et sa région, et ils m’avaient donné un listing d’entreprises. Mais cela ne m’indiquait pas les entreprises les plus compétentes.

Nous avons aussi, courant 2010, visité la « maison autonome » de Brigitte et Patrick en Loire Atlantique, qui est depuis 1997 en autonomie énergétique au niveau électricité (éolienne et panneaux photovoltaïques) et chauffe-eau solaire. Ils n’ont pas de compteur d’eau : l’eau de pluie est stockée dans une citerne en ciment et filtrée à plusieurs endroits. C’est un lanceur d’alerte depuis de nombreuses années sur notre manière de vivre vis-à-vis de l’environnement (j’achète, je jette !). Ils déclarent : comme dans les toilettes, on trouve la place propre et on vous la rend propre : c’est aussi ça le développement durable.

Ce couple organise des stages et conférences sur place (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Idéalement, il faudrait une maison autonome par département. La lecture de la revue « Silence » éditée à Lyon m’a aidé dans mes réflexions – finalement nous avons été bien conseillés pour le choix d’un artisan.

En l’an 2000, nous avons fait poser 6m² de panneaux solaires thermiques pour le chauffe-eau en profitant d’une commande groupée organisée par Ener’gence. A plusieurs reprises, nous avons accepté de faire visiter notre installation à des groupes avec Ener’gence et j’ai été désagréablement surpris d’apprendre par une visiteuse du sud Finistère qu’elle avait reçu un devis bien supérieur au nôtre, ce qui décourage les clients sensibilisés.

Nous continuons de faire des recherches pour consommer le moins d’énergie possible avec l’aide des conseils d’APPROCHE-Ecohabitat.

En conclusion : « Sois le monde que tu veux changer » - Gandi

 

Daniel BRARD
Co-président de l’association APPROCHE-Ecohabitat